JMJ Madrid 2011 – Fiorrettis…

Voici Sergey, qui part chercher de l’eau à l’aéroport de Cuatro Vientos, opération quelque peu difficile compte tenu du million de jeunes qui se trouve au même endroit. Comme dehors il fait 40°C, vous imaginez facilement que notre Sergey n’est pas le seul jeune à chercher de l’eau…

Voici qu’il arrive à l’endroit où les indicateurs d’eau l’ont guidé. L’endroit ressemble quelques peu à un camp de réfugiés d’Ethiopie… Une masse compacte de jeunes, environ 200, des bidons à la main, ocuppent la place et on se dit que l’eau doit se trouver quelquepart au milieu…

Après une heure Sergey revient avec l’eau… Mais ce qui l’a touché le plus c’est que pendant cette heure il n’a vu aucune bagarre, personne qui essaie de passer devant les autres en même temps que les autres essaie de l’empecher d’avancer… Aucun gros mot, aucune voix levée… Il nous a simplement dit : « En Russie, cela c’est inimaginable… »

Voici Liuda, qui, de retour à Naltchik raconte à nos paroissiens comment elle a vu le Pape. Elle est arrivée au Cuatro Viento le 21ème jour après son départ de Naltchik (lisez : 21 jours de train, voiture, fatigue accumulée etc.). Son humeur, comme d’ailleurs celle du groupe, ressemble à un château de cartes pas loin d’un ventilateur…

Après avoir libéré, occuppé et marqué l’espace de 2 mètres sur 3 qui va nous servir de bivouac au milieu de la foule, Liuda s’en va avec Sergey et Lena pour les places qui leurs sont réservés quelquepart devant, c’est-à-dire 500m plus en avant, tout proches de l’autel. Là, ils devront attendre environ 5-6 heures avant que le Pape arrive et que la véillée commence… On vous passe les détails et voilà enfin le Pape qui est là, à son siège. Il salue les jeunes, leur adresse la parole et les écoute.

« Quand j’ai vu son visage, son sourire et toute sa joie, j’ai oublié toute ma fatigue et tous mes nerfs… J’ai senti que je pardonnais à tous ceux de notre groupe qui m’énervait, car ce qui se passait, le fait d’être avec le Pape et sa joie étaient si extraordinnaires ! »

Voici Lera qui de retour dans son village se demande déjà comment faire pour aller à Rio de Janeiro en 2014… La même Lera croyait que l’hospitalité est une qualité reservée aux caucasiens… Elle a été boulversée par l’accueil que des amis de Bucarest lui ont réservé. Quelques jours plus tard, la même expérience en Italie. Après encore un jour de route, le même accueil, à l’autre bout de l’Italie… Puis la France… Puis la petite paroisse au nord de l’Espagne où tout était prêt pour nous…

En fin de course, Lera témoigne : « Ces gens qui ont mis tout sur la table pour nous, qui nous ont accueilli avec du pain et du sel… Et moi qui me vantait avant, croyant que personne ne pratiquait l’hospitalité comme nous, au Caucase… Comme je me trompais ! »…

Voici Lena, qui, après 2 semaines, se rappèlle encore l’homélie de Covadonga (sanctuaire marial au nord de l’Espagne), sur le pardon chrétien. De fait, le père Thomas avait prêché avec feu et sans tourner autour du pot sur le pardon de Dieu et celui que le Seigneur veut qu’on donne à nos frères. Il avait même prêché en trois langues (français, espagnol, anglais), biensûr, sans se répéter ! Et dire que Lena en comprenait deux sur trois ! …et dans la troisième je me suis efforcer de traduire tant bien que mal…

Après deux semaines, à l’autre bout de l’Europe, quelqu’un lui demande ce qui l’a marqué le plus durant ces jours. « L’homélie sur le pardon », vient la réponse…

Voici Sasha, qui n’a jamais dit durant ce mois qu’il était fatigué… On se demande comment il fait, du moins si on n’est pas occuppé à se plaindre de son propre état, et si on a encore l’énergie de regarder comment vont les autres. Or, Sasha il a toujours une question à poser pour mieux connaître les gens, le lieux, les communautés… On se dit qu’il doit y avoir un lien entre l’intelligence évéillée et l’énergie du corps… Et que ce lien doit être particulièrement bien en place chez lui.

Voici Pierre, un jeune venu avec le groupe des roumains, groupe auquel nous nous sommes joins, ceux venus de Russie. Pierre n’a pas la foi mais il a beaucoup d’amis dans le groupe. De fait c’est difficile de ne pas le sympathiser, vu sa joie de vivre, sa simplicité et son attention aux autres.

Pierre est en train de prendre ses adieux du groupe, au moment de se séparer, pour rentrer chez lui. Ce qu’il nous dit s’imprime dans nos âmes : « Je suis venu sans avoir la foi. Et pour moi, le premier contact avec la foi a été à travers votre foi, de voir comment vous vivez votre foi. Cela a compté beaucoup pour moi et je vous remercie beaucoup ». Merci à toi, Pierre, et continue ton chemin !

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Une réflexion sur “JMJ Madrid 2011 – Fiorrettis…

  1. Très beau !!! Moi qui n’ai vécu les jmj que par procuration, j’apprécie beaucoup vos témoignages si simples et réels … Bravo d’avoir fait ce long voyage, et grande union de prière autour du Saint Père !
    Mjo

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