Lectures

Le Caucase fait parler de lui. Nous vous proposons au fil du temps des lectures qui renvoient à cet univers complexe, passionnant et riche de diversité. Ces lectures « Caucasiennes » offrent de décourvir tout le Caucase… Il serait difficile de se limiter à la seule Kabardino-Balkarie.

Bonne lecture.

La Circassienne, par Guillemette de Sairigné.

Née dans une famille princière du Caucase, Gali Hagondokoff connait les fastes de la cour des Romanov a Saint-Pétersbourg comme la vie sauvage en Mandchourie. Chassée par la révolution de 1917, elle se refugie a Shanghai après une traversée épique du continent asiatique. Deux ans plus tard, elle trouve un bateau pour la France ou sa rare beauté la fait engager comme mannequin chez Chanel avant qu’elle n’épouse un élégant aristocrate français et, rebaptisée Leïla, qu’elle ne devienne comtesse du Luart. Mais c’est par son courage physique et moral hors normes qu’elle s’impose comme une héroïne de la Seconde Guerre mondiale pendant les campagnes de Tunisie, d’ltalie et de France. L’une des femmes les plus décorées de France, marraine du ler régiment  étranger de cavalerie, elle est une icone de la Légion étrangère.

Ainsi vont les mille vies de LeTla, en Russie, en Chine, dans les salons parisiens, les deserts africains, les champs de bataille européens et jusque pendant la guerre d’Algérie.

Entre le général Dourakine, le docteur Jivago et les héros de Schoendoerffer, voici le destin d’un être d’exception, femme libre et âme passionnée, grande séductrice qui fit rêver beaucoup d’hommes.

Mais aussi un étonnant document historique. «La dernière femme d’épopée», a-t-on dit le jour ou, dans la cour des Invalides, elle eut droit à des funérailles dignes d’un maréchal d’Empire.

 

Guillemette de Sairigne est écrivain et journaliste. Elle a publie notamment Tous les dragons de notre vie, Mon illustre inconnu… enquête sur un père de légende et, chez Robert Laffont, Mille pardons.

 

Semences de sagesse, par Fr. Dominic

La culture d’un peuple est une perle qu’il faut garder avec soin, spécialement en ce quelle a de constructif, de sage. On peut dire que la culture est comme «le visage d’un peuple». En elle, à travers les coutumes, les pratiques, et les modes de vie ordinaire, se reflète de manière expressive une vision sur le monde, l’homme et Dieu. Ce livre présente un aspect de la culture caucasienne, particulièrement les proverbes et les dictons kabardes ou balkars, et donne une clef d’accès a la richesse du Caucase.

La collection des proverbes et des dictons est structurée en sept chapitres évoquant différents thèmes : le bonheur et le malheur, l’amitié et l’amour, la famille et l’éducation etc. Chaque proverbe ou dicton local  est décliné en trois langues: russe, français et anglais. A chacun correspond un proverbe biblique qui éclaire de la Parole de Dieu la sagesse humaine. Des illustrations accompagnent l’ouvrage.

Pour se procurer ce livre : envoyer un chèque à l’ordre de Congrégation Saint Jean – NALCHIKde 13 € (10€ + 3 € de frais de port) – chez M. et Mme Flichy – 17, rue de Vergennes – 78000 Versailles.

Les Chrétiens disparus du Caucases –  Iaroslav Lebedynsky, Vladimir Kouznetsov – Ed. Errance

Au moment de la conquête russe, le Caucase du Nord, cette fantastique mosaïque ethnique entre mer Noire et mer Caspienne, était majoritairement musulman. Mais, sous un vernis d’islam parfois récent, affleuraient partout les traces de vieilles traditions chrétiennes : des églises en ruine se dressaient dans des vallées perdues; des montagnards musulmans vénéraient la croix ou fêtaient Noël ; d’autres prétendaient descendre de prêtres « grecs » ou « francs »; des cultes locaux s’adressaient à la Vierge, à saint Georges ou à saint Élie… À partir des sources historiques, archéologiques et ethnographiques, c’est à la découverte des chrétientés disparues de Ciscaucasie que convie ce livre.
Il met en lumière l’existence de trois courants indépendants d’évangélisation (orthodoxe byzantin, orthodoxe géorgien et, plus tardivement, catholique occidental), et le rôle d’avant-poste souvent joué par la Crimée voisine. Il expose l’organisation, parfois très développée, des Églises locales. Il retrace la contamination progressive – allant jusqu’à d’étonnants syncrétismes du christianisme par les croyances et les rites antérieurs des peuples nord-caucasiens, avant son recul et sa disparition presque totale devant l’islam à partir du XVIe siècle.

A la conquête du Caucase -Eric Hoesli – Ed.Des Syrtes

Carrefour dangereux, le Caucase est aujourd’hui l’une des régions du monde les plus convoitées. De la Tchétchénie au Daghestan et à la Géorgie, il demeure un lieu de conflits et d’affrontements. Lutte pour le pétrole, montée de l’islamisme, rébellions armées et combats pour l’indépendance : le massif montagneux qui marque la frontière de l’Europe avec l’Asie et le Moyen-Orient est aussi le champ de bataille des années à venir. Depuis deux siècles, les grandes puissances politiques et militaires se livrent dans la région à une guerre d’influence qui a souvent débouché sur des conflits armés, parfois accompagnés de génocides ou de déportations. L’expansion russe, le  » Grand jeu  » (la guerre froide à laquelle se sont livrés la Grande-Bretagne et l’Empire russe durant tout le XIXe siècle), les tentatives de conquête du massif par l’Allemagne ou la bataille politique et économique pour le contrôle du pétrole : autant de processus marquants dont le Caucase est le décor. Imams et chefs de guerre montagnards, otages célèbres, espions anglais et alpinistes de la Wehrmacht, agents de Staline ou pionniers du pétrole sont les acteurs de cette histoire souvent tragique.

Témoignages anciens sur les Tcherkesses – par Iaroslav Lebedynsky – Ed. L’Harmattan

Ce recueil regroupe sept descriptions anciennes des Tcherkesses, rédigées par des voyageurs entre le milieu du XVIe et la première moitié du XIXe siècle, et présentées et annotées par Iaroslav Lebedynsky. Parmi les nombreuses populations du Caucase, les Tcherkesses (au sens large : peuples du groupe adyghé-tcherkesse-kabarde) sont parmi celles qui ont suscité l’intérêt le plus ancien et les engouements les plus forts. Durant la période couverte par les textes présentés ici, ils ont été une sorte de modèle pour la plupart des peuples nord-caucasiens. Ils ont fasciné les étrangers qui les ont approchés par leur modèle d’anarchie féodale, leur valeur guerrière, leur syncrétisme religieux, leur culte de l’hospitalité… Du Génois Interiano au Britannique Bell en passant par l’Allemand Klaproth ou le Français Taitbout de Marigny, sept auteurs incontournables en ethnographie caucasienne font revivre les moeurs anciennes d’un peuple attachant.

Parlons Tcherkesse – dialecte Kabarde et Parlons Karachay-Balkar – Ed. L’Harmattan

Ces deux méthodes s’adressent aussi bien aux passionnés qu’aux curieux. Il est toutefois recommandé de s’être frotté à l’apprentissage du russe et de son écriture cyrillique avant de s’attaquer à ces langues.

Hadjid Mourad, de Tolstoï

Histoire de la terrible de la « pacification du Caucase », Tolstoï restitue des batailles, des échauffourées et l’ambiance caucasienne des guerres menées par les Russes contre les Tchétchènes au XXIème siècle. La défection d’un chef Tchétchène qui embrasse la cause russe… puis se retourne… montre à la fois toute la cruauté des conflits et la difficulté à en sortir indemne. Le sacrifice est certainement le point d’orgue de ce roman dense et court.

Les évangéliques à la conquête du monde – par Patrice de Plunkett

Ils sont plusieurs centaines de millions dans le monde, mais aussi des centaines de milliers en France. Et leur nombre augmente tous les jours. Cinq siècles après Jean Calvin, les évangéliques mettent le feu à la planète avec un protestantisme que le théologien picard aurait du mal à reconnaître : spectaculaire, ultramystique, émotionnel, rompu aux armes de la communication et du marketing le plus avant-gardiste.
L’enquête menée ici s’attache à comprendre ce courant spirituel déjà très ancien : les évangéliques puisent leurs racines en Europe, notamment dans la France de Louis XIV au temps des Camisards, puis, fuyant le Vieux Continent, s’acclimatent en Terre promise… américaine. Depuis quelques années, ils ont trouvé un nouvel auditoire européen que, peut-être, le christianisme classique ne parvient pas à satisfaire…
Qui sont-ils ? De l’Amérique des megachurches à l’Afrique des cent mille sectes, de droite ou de gauche, des groupes les plus modérés aux plus apocalyptiques, la planète évangélique est multiple et paradoxale. A mal les connaître, on leur suppose tant de filiations… Sont-ils la branche religieuse de la CIA ? Un produit de la globalisation ? Un vaudou chrétien ? Ou, comme les évangéliques aiment à le croire, le renouveau avéré du christianisme version XXIe siècle ?

Journaliste, essayiste, conférencier, blogueur, Patrice de Plunkett a notamment publié L’Opus Dei ? enquête sur le « monstre » (2006), et L’Ecologie, de la Bible à nos jours (2008). Voir le blog: http://plunkett.hautetfort.com/