Sainte Nino, apôtre de la Georgie.

 

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Sainte Nino serait donc cette esclave anonyme, une captive (de guerre ?) ou une captiva Dei [« une renonçante » pour Dieu], qui a amené la famille royale de Kartli (l’Ibérie des Anciens, l’actuelle Géorgie orientale) à la foi chrétienne en provoquant d’abord la conversion de la reine Nana qu’elle avait préalablement guérie d’une maladie mortelle, par sa vie édifiante et humble.

Cette première conversion fut suivie de celle de son époux, le roi Mirian vers 331/337, selon une tradition que Rufin tient d’un prince des Ibères, Bacarios, rencontré à Jérusalem alors qu’il était Dux Palestinae au début des années 380. Bacarios était lui-même apparenté au couple royal décédé une vingtaine d’années plus tôt.

Même si une tradition fort suspecte (conservée dans le récit connu sous le nom de La conversion du Kartli) la dit originaire de Jérusalem et nièce de l’évêque Juvénal (début Ve siècle !), rien n’est assuré de l’identité de cette femme dont le nom de Nino peut simplement signifier la « Nonne ». Le martyrologe romain la nomme Christiana (« Chrétienne ») et la tradition copto-arabe Théognoste (« Connue de Dieu »). La première église de Kartli et le miracle la « Colonne vivante ») sont également liés au cycle de la femme-apôtre : on commence à construire la première église, une simple basilique avec des colonnes de bois, reposant sur des socles en pierre. Quand on veut ériger la troisième colonne, ni hommes ni bœufs n’en viennent à bout : elle demeure inexplicablement penchée sur sa base. Le soir tombe. On se retire. Nino reste en prière toute la nuit et quand on revient le lendemain matin, la colonne s’est redressée d’elle-même et demeure suspendue en l’air à un pied du sol ; soudain, elle descend et se met toute seule en place.

Alors même que F. Thélamon reconnaît en partie au récit de Rufin la valeur d’une transposition – dans des catégories romaines et chrétiennes – d’un mythe géorgien de fondation religieuse, l’historicité de l’apostolat de Nino est bien attestée. La présentation rufinienne de la captiva Dei est la transposition d’une réalité socio-religieuse du Caucase : Nino serait une kadag, une femme-chamane passée au christianisme. Toutefois, le nom de Nino n’est donné que par des sources plus récentes : Vie de Nino (VIIIe siècle) et la Conversion de la Géorgie (K’artlis-mok’c’eva) qui dépendrait du récit du diacre Grigol (VIIe siècle). Théodoret de Cyr et l’historien Socrate qui mentionnent également l’apostolat de Nino, dépendent l’un et l’autre du récit de Rufin.

Reliée artificiellement quoique anciennement au cycle de la martyre arménienne Hrip’simê, dont elle aurait été une proche qui aurait échappé au massacre selon Moïse de Khorène, Nino est encore parfois présentée comme arrivant en Géorgie après un pèlerinage en Terre Sainte où elle aurait rencontré l’impératrice Hélène. Arrivée en Kartli, Nino resta d’abord trois ans dans un endroit désert à l’extérieur des murailles de Mcxéta, puis la quatrième année, elle s’adressa à Sidonia et six autres femmes de la communauté – importante – juive qui devinrent ses premières disciples. La sixième année vit la conversion de la reine, puis l’année suivant celle du roi qui invoqua le Dieu de Nino alors qu’il s’était placé dans un péril extrême. Nino prit alors l’initiative d’envoyer un Géorgien, Jean (Ioané, 335-363 env.), recevoir l’ordination épiscopale des mains d’Alexandre de Constantinople, tout en refusant de paraître à la Cour, fidèle en cela à la pratique des kadag traditionnelles.

Par la suite, elle accompagna le roi Mirian dans ses campagnes de destruction des idoles et des temples, les populations païennes se retirant alors dans les vallées les moins accessibles du grand Caucase. On conserve curieusement deux homélies attribuées de cette apôtre mystérieuse, homélies à la théologie archaïsante, proche de la théologie des Pères syriaques. Certes cette attribution pose bien des questions mais elle pourrait donner une indication intéressante sur la possible origine de Nino et sur la pénétration de l’Evangile en direction du Caucase au milieu du IVe siècle. Puis Nino poursuivit seule ses tournées missionnaires en direction des vallées du Caucase, au nord et à l’est de Mcxéta, mais non sans être accompagnée par des troupes armées pendant une huitaine d’années et d’un prêtre grec, Jacques.

Même si ce n’est pas elle qui effectuait effectivement le geste sacramentel, la Vita indique à plusieurs reprise que Nino « baptise » les peuples qu’elle convertit, parfois après avoir fait « un peu » brandir l’épée par le capitaine qui l’accompagne. Vers 349, elle tomba malade et se dirigea vers Mcxéta. Et lorsqu’elle arriva en K’khoetie au village appelé Bodbé, elle ne put aller plus loin. Alors Rev, le fils du roi, Salomé, son épouse, et sa fille vinrent de la ville d’Udzharma et restèrent près d’elle comme gardes-malade. Le roi et sa femme Nana lui envoyèrent de Mcxéta l’archevêque Jean pour lui rendre visite et la ramener. Elle ne voulut pas mais elle recommanda le prêtre Jacques « pour qu’il occupe le siège après toi ». Et elle lui remit la lettre que la reine Hélène (la mère de l’empereur Constantin) lui avait écrite depuis son royaume et où elle la qualifiait d’apôtre et d’évangéliste, et elle donna le Bois de la Vie [de la Croix] à la reine Nana. L’évêque Jean offrit le sacrifice et fit communier Nino au corps et au sang du Christ, elle les reçut comme viatique de l’âme et elle remit son âme à Dieu, quinze ans après son arrivée au Kartli, 338 ans depuis l’Ascension du Christ, en 5838 de la Création. Et les deux villes de Mxcéta et d’Udzharma furent en émoi ainsi que tout le Kartli à cause de sa mort, et l’on vint ensevelir son corps revêtu de victoire à Bodé même, village de K’khoeti.

 Pascal DELAGE

Croix de la Grappe de sainte Nino aujourd’hui conservée à la cathédrale de (...)
Croix de la Grappe de sainte Nino aujourd’hui conservée à la cathédrale de Sion à Tbilissi
La Croix de la Grappe ou Croix de sainte Nino est une croix dont les bras sont légèrement incurvés vers le bas et qui est le symbole de l’Église orthodoxe apostolique de Géorgie. Cette croix selon la tradition a été apportée à la Géorgie par sainte Nino lors de la conversion du royaume au IVe siècle. Elle est faite en sarment de vigne et nouée par les cheveux de la sainte elle-même. Nino en fit don, lorsqu’elle arrive de Cappadoce à Mtskheta à la Cour d’Ibérie, pour la conversion de la reine, puis du royaume. La légende raconte qu’elle aurait été faite par la Vierge Marie.

Autres sources sur sainte Nino : https://orthodoxologie.blogspot.com/2008/01/sainte-nina-ou-nino-egale-aux-apotres.html

Paroisse orthodoxe géorgienne à Paris : http://saintenino.org

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Sainte Nino de Géorgie
Nina, Ninon, Christine ou Chrétienne.

Fêtée au martyrologe romain au 14 janvier: Au pays des Ibères au delà du Pont Euxin, au IVe siècle, sainte Ninon. Captive chrétienne, elle acquit, par la sainteté de sa vie, un tel respect et admiration de tous qu’elle attira la reine elle-même, dont le fils en bas âge avait retrouvé la santé grâce à ses prières, le roi et tout le peuple, à la foi du Christ.

 

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Deux jours en Georgie avec qq volontaires.

Nous avions prévu un court voyage culturel et spirituel pour les volontaires qui nous aident au centre-enfant. La moitié se sont désistés pour des raisons tout à fait valables… et nous sommes partis à quatre : Boris (organiste), André, Nastia et moi.

Nous avons été logés chez les soeurs de Mère Teresa à Tbilissi, après un voyage interminable (13 heures à la frontière à cause de l’afflux des touristes et vacanciers : plus de 4 km de queue). Chez elle nous avons célébré la messe avec leurs pensionnaires.

Le Néocatéchuménat nous a invité à participer à une très belle soirée autour du sacrement de réconciliation. La paroisse St Pierre et St Paul est à l’origine de 5 communautés du Néocatéchuménat à Tbilissi grâce à la ferveur paisible de son curé, le père Adam, fidèle depuis 23 ans en ce lieu.

Nino, une volontaire des soeurs MC nous a emmené en excursion au tombeau de sainte Nino, égale aux apôtres, évangélisatrice de la Georgie, envoyée par la Vierge Marie, au 4 ème siècle. Magnifique moment de culture, d’histoire et de spiritualité.

Les pères Caméliens nous ont reçu dans leur centre de réhabilitation psycho-moteur et psychologique, où le pape a rencontré les pauvres et les malades lors de son voyage l’an dernier. Chaleureuse rencontre avec des jeunes volontaires polonais envoyés par la congrégation des Salvatoriens.

Visite d’un monument grandiose faisant mémoire de 4 000 ans de l’histoire de la Georgie, fondée sur l’Evangile, puis visite de la splendide cathédrale orthodoxe.

Ce « voyage de reconnaissance » en présage certainement d’autres, tant l’intensité des rencontres nous a rempli de joie, d’émerveillement et d’espérance grâce à l’hospitalité chaleureuse reçue partout, la ferveur de la prière, et la générosité du service… et la beauté fabuleuse du pays !

Au retour nous n’avons mis que 3 heures pour traverser la frontière, et le père Janush nous attendais avec une bonne soupe à Vladikavkaz !

 

 

Un été dans le sillage du Petit Prince.

Le service diocésain de la catéchèse nous a donné un beau parcourt pour vivre des « vacances avec Dieu » en suivant l’aventure du « Petit Prince » d’Antoine de Saint-Exupéry.

fullsizeoutput_ad23Une ou deux fois dans la semaine, nous écoutons un extrait lu de manière adapté pour susciter l’attention des enfants… Nos volontaires ont eu un peu peur de l’exigence, mais quelle a été notre surprise de les entendre raconter le récit dans les moindre détail 3 jours après, alors qu’on les trouvait un tant soit peu distraits. Curieusement tous les âges se sont attachés à la figure du Petit Prince.

1/ Le petit Prince reçoit un cadeau : une caisse avec un mouton tel qu’il le rêve… notre vie est un cadeau, nous pouvons aussi offrir des cadeaux.

2/ Le Petit Prince a un coeur d’or, il aime sa rose et se dévoue pour elle, il veut que sa planète soit belle et accueillante pour sa rose…

Des jeunes de la Caritas d’Astrakhan

Dimanche dernier sont arrivés 11 jeunes qui font partie d’un groupe de la Caritas auprès de la paroisse catholiques d’Astrakhan. Parmi eux 2 sont catholiques, les autres sont orthodoxes ou en recherche, la moitié d’entre eux sont végétariens… Cependant, ils ont une belle cohésion de groupe malgré leur diversité. Ils ont apprécié notre centre paroissial de Blagoveshenka, nous leur avons fait découvrir les sources chaudes, quelques sites renommés, et leur passion pour le sport leur a fait apprécié 24 heures en montagne un peu extrême, surtout à cause de l’orage ! Huit jours de joie, de découverte et d’émotions ! Ils ont souhaité rendre service : peinture, nettoyage, animation pour les enfants. Notre Andrei a été un bon guide et chauffeur.IMG_5075.JPG

Anniversaire surprise.

Les volontaires et les enfants ont amélioré l’ordinaire pour mon anniversaire à mon insu, tout simplement sans emphase. Un gâteau, des petits mots, le sourire et même le poulain voulait rendre service !

Merci au père Connie et à la province des Missionnaires du Sacré Coeur d’Irlande pour  coup de pousse final des finitions de l’église de Blagoveshenka, qui arrivent à terme : le fixatif sur la chaux à l’intérieur et le rebouche des trous d’échafaudages, la peinture extérieure, la rambarde de la tribune et le plaquage de pierres sur les marches d’accès des deux portes. Le travail a été accompli par Daniil et Dima dont les devis étaient compétitifs, et qui ont travaillé avec le soin qu’on leur connait.

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« Restez en tenue de service. »

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte. Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir. S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils ! Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »                              Luc 12, 35-38, 40

Dimanche dernier, les jeunes volontaires qui rendent service au centre paroissial à Blagovenshenka ont reçu après la messe une livrée de service. Ce polo bleu frappé du blason du centre rappelle que l’on vient servir et non être servi, il est bleu parce que nous sois citoyens des Cieux, sous la houlette de la Vierge Marie Reine du Ciel, et c’est en son nom et avec Elle que l’on cherche le bien des enfants qui viennent.

Cette tenue uniforme a aussi l’avantage notamment pour les jeunes filles de ne pas avoir à se demander comment s’habiller, comment se faire remarquer… Le bas est libre pourvu que ce soit sous le genoux et non moulant !

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Le blason du « Cheval blanc » reprend les couleurs de la République de Kabardino-Balkarie. Les vert de la plaine et des vallées est marqué d’un tavro en forme de lys d’or, le tavro est la marque des familles caucasiennes inscrits sur les maisons, la vaisselle, les armes et les chevaux. Il est le signe distinctif, pour nous le lys indique le nord, pour repérer la bonne direction, il est aussi emblème de pureté, d’un amour chaste. Le cheval blanc symbolise le Christ qui nous porte vers le Soleil Levant au delà des montagnes qui nous paraissent insurmontables de nos difficultés, vanité et orgueil… Le Seigneur Jésus à la fois accompagne et est au terme : « Viens vers le Père ». Le blason est cousu sur la manche gauche comme un bouclier !

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Chaque dimanche quand les enfants sont rentrés à la maison, les volontaires présents avec les frères Emmanuel et Laurent font un bilan de la semaine passée. Ils prévoient qui sera au service la semaine prochaine et quelles activités on peut mettre en oeuvre. Dans cette réunion nous tâchons d’écouter la voix de l’Esprit Saint qui parle par chacun. Comme dans chaque famille, il est bon de faire le point sur les priorités dans les choses à faire et l’attention aux personnes. S’il reste un peu de temps on prie les vêpres ou on regarde un video du cours Alpha.

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A cheval dans les montagnes.

Nous avons organisé fin juin deux camps cheval avec les meilleurs apprentis cavaliers de notre petit centre paroissial.

Notre premier camp cheval a commencé lundi 18, avec l’arrivée de notre ami Ibrahim à la ferme. Nos trois chevaux furent chargés, non sans mal pour l’un d’eux, dans son camion. Mais nous avons pu partir à l’heure prévue. Le père Laurent, Vova et Vania sont montés avec Ibrahim tandis qu’Andreï et Etienne prenaient  notre Niva pour déposer tout le matériel sur place (tentes, nourriture etc.)

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Vova et Vania ont fat connaissance avec nous lors d’un camp des baptistes de Prokladni, ils viennent depuis le début de l’année à nos cours d’équitation.

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Nous nous trouvons sur les lieux d’un ancien kolkhoze, vidé de ses habitants depuis des années et habité occasionnellement par les bergers du coin. Nous y plantons nos tentes De l’autre cote de la rivière, deux grosses bâtisses à l’abandon nous rappellent le passé touristique de la vallée

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Suivent 5 jours de balades et de découvertes à cheval. Mardi Azamath, le pasteur sur place, nous a fait découvrir des grottes dans les falaises. Entre roche, eau et mousse, la nature est féérique. https://www.youtube.com/watch?v=Brd6b2Ne788&feature=youtu.be Mercredi Nous sommes allés sur le plateau où Ibrahim fait paitre ses chevaux pendant tout l’été. La vue sur ces plaines des hauteurs est magnifique. La vue depuis les plaines jusqu’au fond de la vallée est belle. Nous poussons un petit galop en haut du plateau.

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Le soir, nous enfermons nos chevaux dans une barrière électrique puis allons célébrer la messe.

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4 chevaux galopent dans les pentes. Nous ne nous inquietons pas : il y a deux troupeaux de chevaux sauvages dans les environs. Quelle ne fut pas notre surprise de voir que nos chevaux avaient disparu ! l’étalon du troupeau le plus proche était venu les chercher, ils ont franchis la barrière, se sont échappés. Chasse au cheval au cours de la soirée.

Le camp a un niveau sportif assez poussé, mais c’est aussi un moment de repos, d’échange et de partage fraternel.

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Jeudi Le troisième jour, nous partons à la recherche du narzan : la source d’eau minérale un peu plus loin dans la vallée. Apres quelques centaines de mètres sur un chemin a peut près marqué, il disparait. Nous avons dû traverser la Tizil à cheval 5 fois pour atteindre la source. Le cheval d’Etienne, trop content de se rafraichir, saute dans l’eau à chaque fois que nous traversons la rivière. Un tuyau sortant d’une roche nous dit que nous sommes arrivés. Nous nous rassasions des fraises des bois poussant tout autour. Il y a une quinzaine d’années, les touristes venaient jusqu’ici en voiture. La nature a repris ses droits, la rivière a tout fait disparaitre : route, pont, ne restent qu’une fondation d’un pont en pierre et quelques poteaux présents à l’époque le long de la route. Plus loin encore dans la vallée, pendant l’ère soviétique, existait une mine d’uranium exploitée par des prisonniers… Nous croyons Azamath sur parole. Azamath décide d’innover pour le retour. Plutôt que de longer la rivière, nous passerons à flanc de montagne.

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Nos pas sont hésitants sur les pentes parfois abruptes, ceux de nos chevaux jamais. Tout se passe pour le mieux. Certaines pierres que les fers de nos chevaux heurtent roulent jusqu’au fond de la vallée, mais ce sont les seules chutes à déplorer.

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Vendredi. Après un peu de repos le matin, nous sommes partis avec Ibrahim vers le plateau où paissent ses chevaux, à 2500m d’altitude, par un chemin escarpé à flanc de montagne. La encore les chevaux se sont admirablement débrouillés. Nous nous voyons bien la différence entre les leurs et les nôtres, ces derniers peinent à trouver leur respiration en essayant de suivre ses bêtes. Ils sont plus habitués aux cours d’équitation qu’à l’alpinisme.

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Arrivés en haut, il nous dit de passer par la ligne de crête, on se retrouve au bout. Pendant une demi-heure, nous avons donc chevauché, les falaises et la vallée à notre droite, le plateau et les troupeaux de chevaux à notre gauche. D’ailleurs, ici, il y a deux manières de parler des groupes de chevaux. « Troupeau » c’est pour les groupes de jeunes et de mâles. Quand il y a un étalon et plusieurs juments, on dit « famille ». Un aigle plane à notre niveau ; à une vingtaine de mètres. Majestueux, c’est le mot. Nous l’avons surpris au détour d’un rocher. Un peu plus loin, nous retrouvons Ibrahim et son cheval de bât. Il détache ce dernier et nous dit « suivez ce cheval jusqu’à notre camp en altitude, il connaît la route ». C’est ainsi que nous nous sommes retrouvés à la queue leu leu derrière un cheval sans cavalier. Etrange… Tout d’un coup, il s’écarte du chemin, dresse la tête et les oreilles au-devant. Nous ne voyons rien et décidons de continuer. Soudain, deux grandes ailes se déploient derrière la colline, à une dizaine de mètres, puis disparaissent. Nous sommes abasourdis. En avançant un peu, nous apercevons une dizaine ? une vingtaine ? de paires d’ailes s’envolant vers la vallée puis remontant planer en cercles au-dessus de nous. Vova a compté : 18 Vautours, 3 aigles. Ils se partageaient la carcasse d’un poulain mort il y a peu. Ibrahim avait déjà repéré ce poulain malade. La loi de la nature est stricte ici, il n’y a pas de place pour les plus faibles. C’est en partie cela qui a permis à la race Kabardin d’acquérir cette robustesse et cette endurance, la vie dans la nature sauvage, la vraie. Sur le chemin du retour, nous suivons pendant un temps les traces d’un ours. Il est déjà l’heure de partir… Enfin, si la montagne le veut bien. Le déblayeur était passé en début de semaine, en nous disant « dépêchez-vous de partir, ca va retomber » nous sommes restés, c’est retombé. Nous avons tout de même pu nous partir.

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Le weekend nous a permis de nous reposer, auprès de notre jeune pouliche, de sa mère Luna et de notre jeune retraité, Kep, entretenant la pelouse de l’eglise. Un petit tour au lac, et nous étions repartis avec Anton, Renat et Max en montagne (ils n’y avaient jamais mis les pieds !)

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Départ Lundi matin. Cette fois ci, le chemin était vraiment bouché :

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Mais nous passons !

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Petite balade au fond de la vallée

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Moment de détente, on laisse les chevaux se désaltérer dans les tourbillons de la Tizil

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Bon repas préparé par le père Laurent (comme d’habitude)

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Le lendemain, les jeunes sont partis avec Ibrahim sur le plateau. Un accident sans gravité a obligé Renat à rebrousser chemin avec son cheval, les fortes pluies des jours précédents avaient provoqué des effondrements sur le chemin, son cheval a glissé dans la petite ravine créée par une rivière et Etienne s’est fait emporté par le courant en traversant la rivière pour ramener son cheval au camp. Un petit bain froid ! Le temps en altitude était couvert et pluvieux, la visibilité était beaucoup moins bonne que précédemment mais cela n’a pas empêché Max et Anton de passer un très bon moment avec Ibrahim, son fils et leurs chevaux. Le moment de d’émotion passé, fr. Laurent et Shweppes repartent avec vigueur sur les pas des compagnons… puis au retour Renat remonte pour accueillir les autres. Une belle expérience donnant un goût de l’aventure, à quand le prochain camp cheval ?

Etienne de Tourris