in memoriam.

Il y a dix ans, nous quittait Monseigneur Bernard Dupire+.
Il fut professeur d’histoire de l’Eglise aux Frères de St-Jean à Rimont.
La paroisse catholique russe de la Très-Sainte-Trinité à Paris
a célébré cet anniversaire par une pannychide
aujourd’hui dimanche 8 novembre 2015
à l’issue de la liturgie dominicale.
Nous avons prié également pour le père Patrick de Laubier+,
qui donna aussi des cours de sociologie politique dans notre studium de Rimont.
La prière fit aussi mémoire du père Igor Sendler+, qui me donna trois années durant des cours d’iconographie.
Enfin nous avons prié pour Solange Duquesne+, oblate des Frères de St-Jean extrêmement fidèle à la paroisse de la Ste Trinité.                         411977a7-7acf-45c3-84c3-5b4b05ac1ccf27867542_565344633812622_6523173748682450041_n27750153_565344630479289_6537984265290927775_nfr. Laurent

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Le charme de l’hiver

L’hiver n’est pas très rigoureux cette année dans nos contrées, comme cela a pu l’être en Amérique, cependant quelques chutes de neige nous ont permettent de redécouvrir la montagne, la forêt et les plaines de notre village avec des yeux nouveaux.

Sous le soleil ou dans le brouillard, les chevaux sont de fidèles compagnons.

Merci à Etienne de tenir nos chevaux en état, de nous aider à faire monter les enfants. Ses rudiments de russe, sa formation de routier et chef scout et ses compétences équestres réunissent toutes les qualités pour vivre cette aventure spirituelle et humaine : une année de service dans un village reculé du Caucase russe.

 

Semaine de prière pour l’unité des chrétiens.

Cette semaine, prière pour l’unité des chrétiens avec les pauvres, qui cherchent le salut, dans l’image confuse qu’ils reçoivent des chrétiens qui ont tant de mal à chercher ensemble, écouter ensemble, dialoguer.                                                                              Pourquoi est-ce si difficile de reconnaître dans l’unité de la foi et de la charité les dons de chacun ?                                                                                                                                               En gros au lieu de symphonie, on laisse entendre trop souvent une cacophonie. 

Arthur, rescapé des ténèbres, ami de plusieurs années nous a invité à témoigner en toute simplicité de coeur. Admiratif des soeurs de Mère Teresa, dans la mouvances des « églises du réveil », il a ouvert sa maison pour des personnes qui veulent sortir de la galère.          Ils sont comme les rustres bergers de la grotte de Béthléem, l’âme assoiffée. Nous avons lu ensemble les textes du dimanche du calendrier latin, échangé et prié.

« Seigneur Jésus, qui à la veille de mourir pour nous, as prié pour que tous tes disciples soient parfaitement un, comme toi en ton Père, et ton Père en toi,

Fais-nous ressentir douloureusement l’infidélité de notre désunion.

Donne-nous la loyauté de reconnaître et le courage de rejeter ce qui se cache en nous d’indifférence, de méfiance, et même d’hostilité mutuelle.

Accorde-nous de nous rencontrer tous en toi, afin que, de nos âmes et de nos lèvres, monte incessamment ta prière pour l’unité des chrétiens, telle que tu la veux, par les moyens que tu veux.

En toi, qui es la charité parfaite, fais-nous trouver la voie qui conduit à l’unité, dans l’obéissance à ton amour et à ta vérité. » (abbé Paul Couturier)

Prions pour Pavel et ses compagnons d’infortune…

Lundi Pavel Anatolevich Vlasov est mort à Blagoveshenka d’une crise de cardiomyopathie due à l’alcool, malgré le secours des Skorii pomoch.

Mercredi nous avons enterré Pavel, entouré des gens du village, de la paroisse et de sa famille. Un petit rayon de soleil bienveillant nous a réchauffé pour pouvoir prier tranquillement, et l’accompagner dignement jusqu’au cimetière.

Là, nous avons confié son âme à Dieu et remis son corps à la terre, dans l’espérance de la miséricorde de Dieu et de la résurrection bienheureuse.

Pavel était dans sa 28ème année, il a grandi dans ce village, sa mère généreuse, aimée dans l’école où elle travaillait comme femme de ménage, est morte prématurément d’alcoolisme quand Pavel était adolescent. Cela a été le grand chagrin de sa vie, sans compter qu’il n’a pas connu son père.

Sa grand-mère Katia, l’aimait plus que tout, elle lui pardonnait tout à cause de cela, elle le gâtait autant qu’elle pouvait, et cela sans se rendre compte qu’elle ne l’aidait pas vraiment à grandir. Elle ne permettait à personne de dire quoique ce soit à Pavel, qui est devenu de plus en plus faible dans sa volonté, et susceptible.

Mais toitia Katia priait tout le temps à la fin de sa vie, elle lisait et relisait l’Evangile sans se lasser, puisse le Seigneur, Ami des hommes, écouter sa prière !

C’est à ce moment que la paroisse catholique au village a commencé tout doucement à revivre. Les premières assemblées de prière autour du chapelet puis de l’Eucharistie ont eu lieu dans la maison de Totia Katia.

Aussi Pavel a participé pendant quelques années aux camps d’été, « kanikyli’s Bogom, il a suivi le catéchisme et a participé aux offices liturgiques.

Pavel était timide à l’école, on se moquait un peu de lui, c’est pourquoi il est devenu un suiveur pour rester intégré aux autres.

Il avait une mémoire fantastique, sa grand-mère lui avait raconté l’histoire de sa famille, et des catholiques envoyés au Kazakhstan puis venus au Caucase, il savait parfaitement raconter tout cela dans une belle langue russe.

A la fin de l’adolescence, le faible Pavel a suivi les autres dans la désespérance. Il a sombré dans l’alcool, et cela a été très difficile après quelques années de lui proposer un chemin de libération.

Il a finalement accepté de partir à Saint Petersbourg auprès des soeurs de Mère Teresa, qui l’ont envoyé à « Dom Nadejdi na gore », qui l’ont aidé à se regarder autrement, retrouver sa dignité et confiance en lui. Puis il est allé à Maslovka près de Lipetsk dans une belle ferme, chez un ami que je voudrais remercier d’avoir accueilli Pavel. Il lui a consacré généreusement son temps et son énergie, même s’il n’a pas saisi jusqu’au bout la chance qui lui était offerte.

Là-bas, il a connu de bons moments, mais la nostalgie a repris le dessus. Il voulait fonder une famille, mais n’a pas su affronter le temps, il n’a pas eu la patience de se construire… et il a replongé dans le marasme.

Il revenu à Blagoveshenka et s’est enfermé dans sa petite isba, où il ne voulait voir personne sauf sa bande d’alcooliques avec qui il travaillait de temps en temps dans les champs, pour 500 roubles la journée,  ensuite le soir il buvait avec ses copains d’infortune pour noyer sa honte et son chagrin.

Bizarre coïncidence : le lendemain jeudi, j’ai reçu un message de la Fondation qui soutient notre centre paroissial depuis 10 ans, pour me dire qu’ils ne pourront plus continuer à nous aider. Chaque année il nous envoyait suffisamment pour l’entretien des chevaux, pour offrir 3 repas consistants par semaine pour une vingtaine d’enfants (pour certains ce sont les seuls repas où ils ont de la viande et un repas équilibré), et pour les multiples travaux de réparations de nos modestes structures.

Vous le savez, ce centre pour enfant est à l’ombre de notre paroisse catholique, où nous tâchons de vivre selon l’Evangile, et ceux qui le souhaitent peuvent, avec la permission de leurs parents, participer à nos offices. Cependant nous accueillons tout le monde, il y a des orthodoxes, des baptistes, des musulmans et des agnostiques.

En lien avec les autorités locales, nous nous efforçons d’aider ces enfants et jeunes à devenir des hommes et des femmes responsables dans leur famille, leur travail, et la vie sociale. Oui, notre action est très modeste, mais nous continuons de penser qu’elle a son sens, comme une petite fleur dans un grand bouquet, comme une petite étoile dans le ciel…

Priez pour que notre petite fleur ne se fane pas, et que notre étoile ne s’éteigne pas, et pour que l’histoire de Pavel se répète de génération en génération,

Le 25 février 2015, Pavel était venu assister à l’enterrement de sa grand-mère Katia,

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https://catholiquescaucase.wordpress.com/2015/03/09/totia-katia/

jubilé : 10 ans après la bénédiction de la petite église de Prokhladny.

Notre nouveau doyen, le père Yaroslav, curé de la paroisse catholique de Stavropol, est venu présider notre modeste jubilé, le jour de l’Epiphanie du Seigneur. Il nous a rappelé que la cathédrale de Cologne, dédicacée en l’honneur des mages, a été construite en 600 ans ! Et aujourd’hui les travaux d’entretiens sont permanents. Le sens d’une église-bâtiment est d’abriter une communauté vivante, c’est pourquoi, chaque membre doit percevoir sa mission comme celle des mages : venir y trouver l’Enfant et sa mère, et revenir chez soi y porter la nouvelle en grande joie, en évitant de passer chez Hérode !