Pendant que l’ours dort,

Du 1er au 10 janvier, les gens disent en Russie que l’ours dort, parce que tout le monde, ou presque, est en congé.

C’est pour nous l’occasion de rencontrer des gens et d’accueillir des hôtes.

Le 31 décembre, nous avons dégusté un canard, préparé par tiotia Lena à Blagoveshenka, avec la Issa et Samar, Maher et Sukha, puis fr. Karl-Emmanuel a organisé une belle et longue partie de Catan.

Puis le père Ireneush, curé de la paroisse catholique de Sochi, est venu passé chez nous 4 jours avec 5 jeunes. Bien sûr ils se sont initiés aux joies de l’équitation, bravant l’humidité morose du brouillard. C’est notre petit Anton qui vaillamment ouvre la voie aux « novices »… en suivant la carriole.

Mercredi derniers quelques étudiants indiens ont été heureux de partager la journée avec nous, pour changer d’air.IMG_2824

Et notre petite Alicia essayait d’écrire leurs prénoms aux consonances étranges.

 

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Noël !

Notre évêque dans sa lettre pastorale pour la Nativité, faisant mémoire de ses 30 ans d’ordination diaconale, nous invite à contempler à Bethléem la naissance d’un diacre. Ce n’est pas courant de prendre cet angle de vue, pourtant dans son abaissement l’Emmanuel prend la condition du serviteur, son sacerdoce s’enracine là.

Nous sommes participants de ce sacerdoce royal de service. recevons cette invitation au service, non pour nous mettre en avant mais dans l’effacement.

Demandons la grâce de voir Dieu là où on ne l’attend pas ou plus, invitait le pape François.

Après la messe de Noël, sont arrivés une bonne dizaine d’étudiants indiens, qui sont venus faire leurs études de médecine à Nalchik… ils sont 200 ! dont peut-être 10/100 sont chrétiens. Beau cadeau de Noël, Les soeurs de Mère Teresa étaient toute en joie !

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voeux de l’administration locale.

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les étudiants indiens chantent pour nous.

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partage d’un thé…

Amen, viens, Seigneur Jésus !

Notre crèche domestique nous rappelle que nous attendons la Venue du Sauveur, non plus dans l’humilité de sa naissance à Bethléem mais dans la lumière de son retour glorieux. Aujourd’hui l’antienne du Magnificat aux vêpres nous invite à prier ainsi :

« O Soleil levant, splendeur de justice et lumière éternelle,                                     illumine ceux qui habitent les ténèbres et l’ombre de la mort,                                   viens Seigneur, viens nous sauver ! »

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Frère Karl-Emmanuel en pèlerinage en Terre Sainte

Les soeurs d’Astrakan, Famille Myriam-Bethleem, ont demandé à fr. Karl-Emmanuel de les accompagner en « pèlerinage éclair » en Terre sainte en novembre dernier. C’est une très belle grâce pour un jeune prêtre de venir fouler les lieux où le Seigneur Jésus a vécu, et d’y célébrer les mystères de notre salut.

Alors que nous nous apprêtons à fêter la naissance du « Verbe fait chair », le réalisme de l’amour de Dieu nous saisit. Notre voix appelée à porter la Parole commence par faire silence auprès de la Vierge Marie.

Merci à notre évêque de favoriser ces liens simples et profond de charité fraternel dans notre diocèse.P1090185P1090323P1090204P1090197P1090345P1090341P1090374

Remerciement et témoignage de Bérengère.

L’Eglise catholique en Kabardino-Balkarie, quelle présence ?

Après un an de formation à la foi catholique suite à mon baptême à la Pâque 2015, j’ai passé trois mois cet automne auprès de la paroisse Saint-Joseph de Nalchik, pour vivre un temps de partage en Eglise.

Un de mes souvenirs au village de Blagoveshenka exprime bien ce séjour enrichissant, pour lequel je veux à nouveau remercier d’avoir été accueillie avec autant de générosité et de m’avoir permis de réaliser un rêve !

C’est samedi, il est 15h45, je me suis éclipsée pour un temps de prière dans l’église. Je suis seule, un cierge est allumé au pied du crucifix en bois installé à côté de l’autel. Son visage est joliment travaillé. J’aime m’agenouiller au pied de cette croix, et observer en arrière plan le visage de ce Christ majestueux qui englobe tout le dôme de derrière. En un regard on peut contempler à la fois le bon Berger et le Crucifié.

Pas un bruit dans l’église, nous sommes en pleine campagne, le silence a une profondeur particulièrement saisissante. J’oublie tout, et concentrée sur un texte, je médite la Parole de Dieu.

Je suis là, au milieu d’un petit village de Kabardino-Balkarie, dans le Caucase russe, à 5000km de la France, où j’ai laissé les migrants que j’avais aidés pendant quatre ans dans mon association d’aide aux réfugiés. Cela alimente fortement ma prière de me retrouver dans cette région, dont ils m’avaient tellement parlé, d’y vivre ces moments en Eglise, en partageant le quotidien de cette petite communauté catholique.

A l’approche de l’heure du goûter, les enfants reviennent de leur balade en calèche avec le frère, leurs rires et leurs cris lointains retentissent. Leurs visages défilent dans ma tête, je prie pour eux, pour leurs familles, pour ce village et pour cette région que je sais écorchée vive.

La présence de cette église courageuse est si importante, si précieuse… Elle est le levain dans une pâte lourde d’histoire et blessée par les souffrances quotidiennes. Ce lieu qui paraît si discret apporte tellement de joie, de paix et d’amour. C’est un lieu évangélique, où les enfants expérimentent la fraternité, le respect de la nature, la confiance en soi et le partage. Mais c’est également un lieu de bienveillance en toute circonstance, pour dépasser des contextes familiaux parfois difficiles : une présence soignante, rassurante, et qui donne vie.

Un jour, un père de la communauté m’a dit «je crois que Dieu nous invite à la discrétion». La vie cachée de Nazareth permet de faire grandir et d’élever de nouvelles générations afin d’affronter les obstacles avec confiance. L’accompagnement de l’Eglise est une lumière, qui, malgré sa petitesse, soutient l’unité et la concorde dans les familles, entre chrétiens et non-chrétiens.

En ce jour de l’Immaculée Conception, confions à la Vierge Marie toutes ces perles d’Orient, qui cheminent dans l’espérance sur les routes sinueuses de la foi.

Bérengère.