L’été 2018 à Blagoveshenka

Nos hôtes ont gardé quelques souvenirs de leur passage au village. Les vues du ciel suggèrent le regard bienveillant, peut-être un peu amusé du Père des Miséricorde sur cette périphérie de l’Eglise. Le Seigneur est tout attendri par le sourire naïf de ses enfants, de ses pauvres.

Au sommet de l’été nous fêtions l’Assomption de la Sainte Vierge Marie, Mère de notre Sauveur et mère de l’Eglise. Les paroissiens avaient préparé un chant d’action de grâce pour les 30 ans de sacerdoce de frère Laurent.

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2 visites au cours de la promenade dominicale.

Ce dimanche les enfants ont fait deux arrêts au cours de notre promenade traditionnelle pour rendre visite à deux grand-mères, l’une paralysée de puis 5 ans, l’autre très âgée ne sortant presque plus de chez elle. L’Evangile d’aujourd’hui nous invitaient à accueillir les enfants au Nom de Jésus, et par Lui le Père qui l’a envoyé. A travers ces enfants, le Seigneur a visité nos petites grand-mère. Nous avons prié avec elles, et les avons remercié d’avoir gardé la foi. Nous voudrions partager ces échanges de sourires si simples, si vrais.

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Invités chez les cosaques !

Les cosaques de Gorechevodsk fêtaient samedi les 198 ans de leur arrivée à côté de Piatigorsk, de nombreux hôtes sont venus leur rendre hommage. L’ataman avait personnellement invité notre centre enfant, il avait demandé à Marina, une guide remarquable de nous faire visiter quelques lieux symboliques de Piatigorsk. Les enfants ont été émerveillés de la richesse culturelle de cette belle ville thermale. Ils ont été éblouis par les prouesses au sabres, fasciné par le jeu de paint ball, émerveillés par les artisanats, ravis par la bonne cuisine… belle journée !

 

 

Dieu est Amour, Dieu est Lumière – Heureux les artisans de paix ! Un témoignage d’espérance.

Le diocèse de Saratov est le plus petit des quatre diocèses catholiques de Russie, il couvre cependant un territoire grand comme L’Allemagne, la France et l’Espagne réunis. Y cohabitent, orthodoxes, musulmans, protestants divers, catholiques et bouddhistes.

Au sud du diocèse, le Caucase russe est un carrefour culturel très riche entre l’Europe, l’Asie et l’Extrême-Orient. Depuis septembre 2005, quelques Frères de Saint-Jean ont été envoyés au service de la diaspora catholique dans les trois minuscules paroisses de Kabardino-Balkarie. Quatre soeurs Missionnaires de la Charité, vivent dans une maison non loin de la paroisse, où elles accueillent des personnes en détresse. elles aident les paroissiens à témoigner de la miséricorde et assurent l’école du dimanche (la catéchèse)  pour les enfants

Naltchik, ville universitaire et thermale, compte autour de 250 000 habitants. Nous sommes à une heure de Piatigorsk, une heure et demi de Vladicavkaz en Ossétie. Sotchi est plus loin, de l’autre côté de l’Elbrouz (5642 m). Les Frères y vivent dans un appartement discret de la paroisse.

A Prokhladny (45 000 hab.) nous servons une communauté qui a bien diminué par les nombreux déménagements mais reste très familiale.

Une grosse partie de notre activité se situe dans le village multiethnique de Blagoveshenka (2500 hab). Ce village est un ancien kolkhoze qui s’est désintégré dans les années 90, lors de la Pérestroïka. La paroisse y a ouvert un centre aéré dans l’esprit de saint Jean-Bosco pour donner un complément d’éducation chrétienne aux enfants et jeunes, souvent issus de familles pauvres et éclatées, à travers l’équitation, les jeux, des travaux manuels, la cuisine, du soutien scolaire et des ballades le dimanche. Durant l’été des groupes d’autres paroisses du diocèse aiment venir en « vacances avec Dieu ».

L’histoire de cette petite communauté catholique ?

Dans les années 1990, la petite diaspora des chrétiens catholiques s’est regroupée autour des grand-mères qui vivaient leur foi cachée dans leur cœur, nourries les souvenirs de leur traditions d’origine : Pologne, Biélorussie, Ukraine, Lituanie, Allemagne, Arménie… Parfois, après la période athée, des russes ou des caucasiens, au-delà de l’origine ethniques, ont découvert le Christ et son Evangile auprès de nos paroissiens catholiques.

Cette communauté s’est fortement réduite il y a quelques années, car à la chute de l’URSS, les allemands, qui avaient migré dans le Caucase soit sous la grande Catherine, soit au retour de leur déportation au Kazakhstan après la mort de Staline, et qui constituaient le gros de la communauté catholique, sont rentrés en Allemagne. D’autre part, beaucoup de nos jeunes vont chercher du travail à Stavropol, Krasnodar, Rostov, Moscou ou Saint Petersbourg.

Notre situation ?

La « reconstruction sociétale » est un long et éprouvant processus. Beaucoup ont encore du mal à trouver leurs repères dans le « nouveau monde ». Il est compliqué de se figurer son avenir personnel et communautaire. Comme partout, « Liberté et responsabilité » prennent du temps pour s’accorder ensemble ! Dans cet univers en devenir, quelques intuitions du célèbre cinéaste Tarkovski nous guident : le souci de la personne, sa formation, sa croissance, sa structuration. Et notre action, comme une goute d’eau dans l’océan s’inspire du sage proverbe de Lao Tseu : « Il vaut mieux allumer une bougie que de maudire les ténèbres ».

Notre action ?

Nous avons cherché une action stable pour les enfants et les jeunes, et nous nous sommes tournés vers le cheval qui est comme un des nœuds principaux de la culture du Caucase. Un ami, éleveur de cheval kabarde de la région, nous a permis d’acquérir deux, puis quatre, aujourd’hui cinq chevaux caucasiens. Ainsi, notre « club-enfant » propose depuis onze ans de modestes activités équestres. Le cheval est devenu l’ambassadeur d’un « mieux-vivre », en faisant renaître la joie, la confiance en soi, la dignité de soi et permettant des rencontres très variées.

Aux enfants du village, se joignent quelques jeunes de Nalchik. Des groupes d’autres villes de Volgograd, Rostov, Astrakhan, Piatigorsk, Saratov et même d’Oural et de Sibérie… viennent passer des « vacances avec Dieu » auprès de nous. 

La montagne est aussi un lieu propice à des rencontres de qualité et de ressourcement non négligeable.

Nos relations avec les autres communautés ?

Nous sommes attentifs à ce que notre modeste diaspora catholique ne se renferme pas en ghetto, et nous nous efforçons de susciter le sens du dialogue et de la réflexion autour des questions du sens de la vie personnelle, familiale et communautaire.

La liberté de conscience recouvrée a permis aux différentes confessions religieuses de retrouver leur culte et nous souhaitons être fidèles à la tradition russe d’entente cordiale entre ethnies, religions et confessions différentes. Fidèles à la devise de notre club : « respect, confiance et relation », nous tâchons de constituer à notre échelle un socle solide de relations fraternelles et amicales entre chrétiens, avec les musulmans et toutes personnes de bonne volonté. Pour cela, différents moyens s’offrent à nous :  différents programme de la Caritas, vacances au bord de la mer pour les enfants, camps dans une base de la Protection Civile, excursions avec les cosaques de Piatigorsk, sorties en montagne, rencontres culturelles ou linguistique autour de la langue française.

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Sortie culturelle

L’ataman des cosaques de Piatigorsk-Gorochevodsk, nous a invité, frère Emmanuel et moi, à une sortie culturelle et religieuse, pour découvrir une des plus anciennes églises de notre région. Nous avons passé une journée extraordinaire par un temps splendide. https://ru.wikipedia.org/wiki/Шоанинский_храм

Au retour nous nous sommes arrêtés à Essentyki dans un parc-ecclésial du diocèse orthodoxe.