Prions pour Pavel et ses compagnons d’infortune…

Lundi Pavel Anatolevich Vlasov est mort à Blagoveshenka d’une crise de cardiomyopathie due à l’alcool, malgré le secours des Skorii pomoch.

Mercredi nous avons enterré Pavel, entouré des gens du village, de la paroisse et de sa famille. Un petit rayon de soleil bienveillant nous a réchauffé pour pouvoir prier tranquillement, et l’accompagner dignement jusqu’au cimetière.

Là, nous avons confié son âme à Dieu et remis son corps à la terre, dans l’espérance de la miséricorde de Dieu et de la résurrection bienheureuse.

Pavel était dans sa 28ème année, il a grandi dans ce village, sa mère généreuse, aimée dans l’école où elle travaillait comme femme de ménage, est morte prématurément d’alcoolisme quand Pavel était adolescent. Cela a été le grand chagrin de sa vie, sans compter qu’il n’a pas connu son père.

Sa grand-mère Katia, l’aimait plus que tout, elle lui pardonnait tout à cause de cela, elle le gâtait autant qu’elle pouvait, et cela sans se rendre compte qu’elle ne l’aidait pas vraiment à grandir. Elle ne permettait à personne de dire quoique ce soit à Pavel, qui est devenu de plus en plus faible dans sa volonté, et susceptible.

Mais toitia Katia priait tout le temps à la fin de sa vie, elle lisait et relisait l’Evangile sans se lasser, puisse le Seigneur, Ami des hommes, écouter sa prière !

C’est à ce moment que la paroisse catholique au village a commencé tout doucement à revivre. Les premières assemblées de prière autour du chapelet puis de l’Eucharistie ont eu lieu dans la maison de Totia Katia.

Aussi Pavel a participé pendant quelques années aux camps d’été, « kanikyli’s Bogom, il a suivi le catéchisme et a participé aux offices liturgiques.

Pavel était timide à l’école, on se moquait un peu de lui, c’est pourquoi il est devenu un suiveur pour rester intégré aux autres.

Il avait une mémoire fantastique, sa grand-mère lui avait raconté l’histoire de sa famille, et des catholiques envoyés au Kazakhstan puis venus au Caucase, il savait parfaitement raconter tout cela dans une belle langue russe.

A la fin de l’adolescence, le faible Pavel a suivi les autres dans la désespérance. Il a sombré dans l’alcool, et cela a été très difficile après quelques années de lui proposer un chemin de libération.

Il a finalement accepté de partir à Saint Petersbourg auprès des soeurs de Mère Teresa, qui l’ont envoyé à « Dom Nadejdi na gore », qui l’ont aidé à se regarder autrement, retrouver sa dignité et confiance en lui. Puis il est allé à Maslovka près de Lipetsk dans une belle ferme, chez un ami que je voudrais remercier d’avoir accueilli Pavel. Il lui a consacré généreusement son temps et son énergie, même s’il n’a pas saisi jusqu’au bout la chance qui lui était offerte.

Là-bas, il a connu de bons moments, mais la nostalgie a repris le dessus. Il voulait fonder une famille, mais n’a pas su affronter le temps, il n’a pas eu la patience de se construire… et il a replongé dans le marasme.

Il revenu à Blagoveshenka et s’est enfermé dans sa petite isba, où il ne voulait voir personne sauf sa bande d’alcooliques avec qui il travaillait de temps en temps dans les champs, pour 500 roubles la journée,  ensuite le soir il buvait avec ses copains d’infortune pour noyer sa honte et son chagrin.

Bizarre coïncidence : le lendemain jeudi, j’ai reçu un message de la Fondation qui soutient notre centre paroissial depuis 10 ans, pour me dire qu’ils ne pourront plus continuer à nous aider. Chaque année il nous envoyait suffisamment pour l’entretien des chevaux, pour offrir 3 repas consistants par semaine pour une vingtaine d’enfants (pour certains ce sont les seuls repas où ils ont de la viande et un repas équilibré), et pour les multiples travaux de réparations de nos modestes structures.

Vous le savez, ce centre pour enfant est à l’ombre de notre paroisse catholique, où nous tâchons de vivre selon l’Evangile, et ceux qui le souhaitent peuvent, avec la permission de leurs parents, participer à nos offices. Cependant nous accueillons tout le monde, il y a des orthodoxes, des baptistes, des musulmans et des agnostiques.

En lien avec les autorités locales, nous nous efforçons d’aider ces enfants et jeunes à devenir des hommes et des femmes responsables dans leur famille, leur travail, et la vie sociale. Oui, notre action est très modeste, mais nous continuons de penser qu’elle a son sens, comme une petite fleur dans un grand bouquet, comme une petite étoile dans le ciel…

Priez pour que notre petite fleur ne se fane pas, et que notre étoile ne s’éteigne pas, et pour que l’histoire de Pavel se répète de génération en génération,

Le 25 février 2015, Pavel était venu assister à l’enterrement de sa grand-mère Katia,

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https://catholiquescaucase.wordpress.com/2015/03/09/totia-katia/

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jubilé : 10 ans après la bénédiction de la petite église de Prokhladny.

Notre nouveau doyen, le père Yaroslav, curé de la paroisse catholique de Stavropol, est venu présider notre modeste jubilé, le jour de l’Epiphanie du Seigneur. Il nous a rappelé que la cathédrale de Cologne, dédicacée en l’honneur des mages, a été construite en 600 ans ! Et aujourd’hui les travaux d’entretiens sont permanents. Le sens d’une église-bâtiment est d’abriter une communauté vivante, c’est pourquoi, chaque membre doit percevoir sa mission comme celle des mages : venir y trouver l’Enfant et sa mère, et revenir chez soi y porter la nouvelle en grande joie, en évitant de passer chez Hérode !

Pendant que l’ours dort,

Du 1er au 10 janvier, les gens disent en Russie que l’ours dort, parce que tout le monde, ou presque, est en congé.

C’est pour nous l’occasion de rencontrer des gens et d’accueillir des hôtes.

Le 31 décembre, nous avons dégusté un canard, préparé par tiotia Lena à Blagoveshenka, avec la Issa et Samar, Maher et Sukha, puis fr. Karl-Emmanuel a organisé une belle et longue partie de Catan.

Puis le père Ireneush, curé de la paroisse catholique de Sochi, est venu passé chez nous 4 jours avec 5 jeunes. Bien sûr ils se sont initiés aux joies de l’équitation, bravant l’humidité morose du brouillard. C’est notre petit Anton qui vaillamment ouvre la voie aux « novices »… en suivant la carriole.

Mercredi derniers quelques étudiants indiens ont été heureux de partager la journée avec nous, pour changer d’air.IMG_2824

Et notre petite Alicia essayait d’écrire leurs prénoms aux consonances étranges.

 

Noël !

Notre évêque dans sa lettre pastorale pour la Nativité, faisant mémoire de ses 30 ans d’ordination diaconale, nous invite à contempler à Bethléem la naissance d’un diacre. Ce n’est pas courant de prendre cet angle de vue, pourtant dans son abaissement l’Emmanuel prend la condition du serviteur, son sacerdoce s’enracine là.

Nous sommes participants de ce sacerdoce royal de service. recevons cette invitation au service, non pour nous mettre en avant mais dans l’effacement.

Demandons la grâce de voir Dieu là où on ne l’attend pas ou plus, invitait le pape François.

Après la messe de Noël, sont arrivés une bonne dizaine d’étudiants indiens, qui sont venus faire leurs études de médecine à Nalchik… ils sont 200 ! dont peut-être 10/100 sont chrétiens. Beau cadeau de Noël, Les soeurs de Mère Teresa étaient toute en joie !

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voeux de l’administration locale.

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les étudiants indiens chantent pour nous.

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partage d’un thé…